3000 km vers l’est pour prendre un bateau

3000 km vers l’est pour prendre un bateau

Ça y est ! Nous y sommes ! Gaston est chargé dans le ferry qui nous mènera en Géorgie, les enfants dorment et moi je suis assis sur le lit en train de vous écrire. Mais que s’est-il passé depuis les Corbières ? Petit retour en arrière sur 3 semaines et un peu moins de 3000 km d’autoroute.

Le 29 mars 2019 : Après avoir laissé les Corbières, alors que nous arrivions en vue de la maison de ma belle-sœur du côté de Nice, un jeune conducteur un peu fougueux qui allait me dépasser se fit surprendre par une jeune conductrice un peu distraite. Et bardaf, ce fut l’embardée ! Au bilan : pas de blessés, juste de la tôle froissée. Ouf ! La Peugeot 206 du fougueux conducteur a pris cher – on est désolé pour lui – mais Gaston s’en est sorti avec le pare choc dessoudé et de traviole. La réparation ne pouvant se faire avant la semaine suivante nous avons été contraints de rester deux semaines chez ma belle-sœur, pour le plus grand plaisir de toute la famille !

Nous avons mis à profit ces deux semaines d’arrêt forcé pour nous lancer dans le relooking du camion. Au programme : arrachage d’autocollants, nettoyage de l’extérieur de la cellule, ponçage, choix des couleurs, passage à l’antirouille, mise en peinture, création des visuels en version numérique, collage des nouveaux autocollants. Merci maman et les enfants pour la réalisation du logo, merci Axel pour le graphisme, merci la carrosserie de Roquefort pour l’antirouille et les conseils et merci Sophie et Anne d’avoir occupé les enfants pendant tout ce temps ! Et surtout merci à Eva d’avoir insisté pour qu’on le fasse à ce moment ! Tout ceux qui nous suivent sur Facebook ont déjà eu l’occasion de voir le résultat : un beau Gaston tout neuf ! (et en prime le pare-choc arrière a été redressé, ressoudé et repeint !)

Le relooking du camion en vidéo. Vous pensez quoi de sa nouvelle bouille ?

Publiée par Be-Five sur Dimanche 14 avril 2019

Samedi 13 avril 2019 : Cette fois, c’est vraiment le départ ! Une dernière salve d’au-revoir et nous voilà partis plein Est pour près de 2200 km ! Vendredi prochain vers 14h00 nous devons être à Bourgas, sur les côtes de la Mer Noire en Bulgarie, pour embarquer sur le bateau qui nous mènera vers l’Asie ! Soit un objectif de 350 à 400 km par jour.

Bon, pour la première étape, on l’a joué pépère avec un petit Nice-San Remo d’environ 100 km pour se mettre en jambes. Avec un bivouac sur un grand parking camping-car le long de la mer, c’était sympa. Tellement sympa qu’on a un peu prolongé le lendemain matin avec un peu de shopping alimentaire (on a fait les courses, quoi !). Bref, on est repartis vers midi et demi. Pour la deuxième étape, le dimanche, on a rempli le contrat avec un San Remo – Verona de 400 km environ. Le lundi, on était bien partis, mais on a été retardé par un magasin IKEA en embuscade le long de l’autoroute. Il nous a pris en traître alors qu’on ne devait acheter que quelques crochets pour l’aménagement de la cellule… La journée s’est un peu terminée en eau de boudin du côté de Trieste avec un flexible d’alimentation de gasoil qui nous a fait une blague pas très amusante en se trouant. Heureusement, grâce à Peter le routier bulgare qui fait des trajets entre l’Italie et la Belgique, on lui a cloué le bec à ce malotru ! Un petit morceau de tuyau d’arrosage pour remplacer le flexible percé et le tour était joué. C’était quand même impressionnant de voir tout ce gasoil couler du moteur !

Le soir, on s’est trouvé un petit camping dans la région de Trieste, histoire de se remettre de nos émotions… C’était vraiment sympa : une vue magnifique, pas de camions qui démarrent à 5h du matin, une douche chaude, une machine à laver : le grand confort, quoi ! J’ai même trouvé le temps d’aller faire un petit jogging. Le pied !

Mardi, on s’est mis en quête d’un garage capable de nous arranger ça de façon un peu plus professionnelle. On en a profité pour faire réparer le clignoteur avant droit qui avait décidé de ne plus s’allumer. En deux heures, tout était réglé. Après ces réparations, nous avons continué vers la Slovénie, la Croatie, la Serbie et la Bulgarie que nous avons traversés en 3 jours. Nous en retiendrons principalement les magnifiques paysages ruraux et montagnards de Slovénie, la campagne à taille humaine de la Serbie, les champs de colza et les bergers de Bulgarie. Et puis aussi une panne sèche en plein milieu de la nuit à 225 km de Bourgas !

Nous sommes arrivés au port de Burgas vendredi vers 13h45 sous une pluie diluvienne. Après avoir un peu cherché et demandé la route, nous avons finalement trouvé l’entrée du port et les bureaux de réservation pour le ferry (les points ont été ajoutés dans iOverlander pour les suivants). Le temps de préparer nos sacs, nous passions déjà la douane.

L’embarquement dans le ferry est un véritable spectacle. L’embarquement commence vers 14h et se termine vers 4h du matin. Environ 135 véhicules doivent embarquer sur le bateau. Principalement des semi-remorques, mais aussi des voitures, des autocars, des camionnettes et, clou du spectacle parce qu’ils sont les plus longs et les plus hauts, les camions qui transportent les voitures pour l’exportation. Plantons le décor : il faut s’imaginer un quai rempli de camions, avec tout au bout un ferry long de 150 mètres. Dans ce ferry, une seule entrée, à l’arrière. Et c’est là que ça devient intéressant ! La plupart des camions doivent rentrer dans le ferry en marche arrière et venir se placer entre deux lignes jaunes, dans la bonne file, avec un écart d’environ 20 cm par rapport au véhicule précédent. Evidemment, si vous mordez sur la ligne jaune, vous êtes recalé !

Résumons la manœuvre : 1. Vous sortez du parking avec le camion et venez vous placer en marche arrière devant le ferry. 2. La douane inspecte complètement votre chargement. 3. Vous montez dans le bateau en marche arrière et vous visez la rampe d’accès qui correspond au pont qui vous est assigné. 4. Vous montez ou descendez la rampe d’accès en marche arrière. Une fois sur le bon pont, vous manœuvrez pour vous placer dans la bonne file sans dépasser les lignes. 5. Vous reculez jusqu’à entendre un gars vous crier un truc incompréhensible mais qui veut dire stop (faut avoir le pied prêt sur la pédale de frein sinon vous emboutissez celui qui est rentré avant vous). 6. Vous sortez du camion et deux dockers lui mettent des chaines pour l’attacher fermement au pont. Vu comme le bateau a tangué lors de la traversée, c’est une sage précaution !

Le temps nécessaire pour effectuer la séquence complète dépend non seulement de la taille de votre camion et de votre habileté à manœuvrer votre engin, mais aussi de la pente des rampes, de la hauteur du chargement, de son poids, de la puissance du camion… Parce qu’évidemment, quand il a plu, vous dérapez dans la pente et vous devez recommencer la manoeuvre en prenant plus d’élan ! Le tout se fait sans empressement et sans énervement. 14 heures pour 135 véhicules. Ca fait environ 6 minutes par véhicule, ce que je trouve très raisonnable !

Nous avons été assigné à la rampe du pont inférieur. J’ai donc du me parquer en marche arrière et en pente… Heureusement que j’avais déjà travaillé ce genre de manœuvre lors de la formation 4×4 ! Le camion bien calé dans le bateau, nous sommes enfin montés vers notre cabine pour profiter de la traversée !

7 réactions au sujet de « 3000 km vers l’est pour prendre un bateau »

  1. Chapeau à vous ! Quelles aventures et ce ferry, on a l impression de vivre l embarquement ! On a une seule expérience de ferry avec le camping car vers l Angleterre. Avouons que c était nettement moins épique ! Bientôt, on experimentera un autre ferry vers la Norvège. Une belle traversée vers le nord. Gros bisous à vous tous et merci pour le partage.

    1. Waouwwww super contente d’avoir de vos nouvelles et de voir (enfin de lire😉) que tout se passe bien et ce malgré les petits pépins……
      Super courageux le Gaston🤪
      Je bien vous embrasse bien fort tous les 5 enfin tous les 6 avec Gaston 🙃
      Patricia

  2. Voilà un article bien intéressant.
    Et de jolies photos familiales, techniques et paysagères.
    Vous êtes des cracks!
    Bravo pour le relooking (vu sur FB avec musique énergisante, çà donne du peps! Merci)
    Bravo pour la débrouillardise et le rebond face aux pépins.
    Tu es bien petit à côté de cette grande roue Vincent, c’est impresssionnant!
    On imagine le plaisir des garçons lors du chargement, mais aussi la patience qu’il a fallu pour cette traversée où vous aurez dû égayer les moments un peu longs.
    Merci pour le carnet de route qui permet de visualiser géographiquement le voyage. C’est top!
    Que d’émotions!

  3. Je vous suis avec plaisir …pour avoir vécu via mon aîné une année en mer , eux …aussi avec trois enfants .

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