Faux départ

Faux départ

Mon article « Partis ! » a pris son élan plus vite que je ne le souhaitais. Il fourmillait dans mes doigts et hop ! Il s’est échappé « à l’insu de mon plein gré »

Reprenons au début…feuille 1.

Première étape

1. Préhistoire, présentations…
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Bonjour,

Je me prénomme Abou, ce qui, pour nous, signifie grand-mère.
Nos voyageurs aventuriers sont nos enfants et petits-enfants : les BE-FIVE.

Ils ont accepté ma présence à titre de contributeur : j’imagine qu’ils vous conteront leurs impressions, anecdotes et exploits.
(A ce jour, c’est fait!)
Et que nous les lirons avec avidité, plaisir et parfois un peu de crainte.
Ce sont eux les vedettes de ce blog.

Personnellement, je ne souhaite pas parler directement de leur périple, mais bien de le regarder et de le vivre comme une grand-mère immobile :

d ‘ici.

J’aurai donc un point de vue qui pourra sembler un peu étranger au contenu du blog.

Appelons cela un billet d’humeur.

2. Tentative de définition : voyages, voyageurs
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Depuis toujours, je déteste les voyages physiques. Cependant, je m’autorise à tenter l’aventure au bout du jardin, près du poulailler ou des courgettes.

Mon homme aime partir quelquefois, mais en dire que c’est un voyageur serait mentir.

Incroyable! Nous avons hérité de deux loustics qui n’hésitent pas à partir autour du monde. Pfuit! Envolés!

Autant vous prévenir: l’hérédité…c’est… MON OEIL!
Je vous le dis bien fort: çà ne marche pas à tous les coups!

Quoi que…pour Eva, on peut utiliser le « bon sang ne saurait mentir »: parents et famille voyageuse. La bougeotte, là, c’est dès le biberon!

Mon endroit favori se trouve sur la butte herbeuse.
C’est un lieu un peu magique. Une source d’énergie et d’apaisement.

Et d’où je vois le monde : la maison, les potagers, le verger, les fleurs, la maison des voisins…

Plus loin : les arbres du talus du chemin de fer, garnis d’un florilège ornithologique qui varie au fil des saisons. Tout comme le feuillage qui peint des nuages allant du vert doux au roux. Et finit dans l’apaisement de l’hiver par des traits sombres sur fond de ciel gris.

Cette butte d’où je sens la pulsation de la vie et le mouvement de notre rivière.
Où je rencontre les autres voyageurs.

Ceux qui laissent dans le ciel une ligne blanche qui doucement se délite – avec un glissement bruyant parmi les nuages – puis qui s’atténue en les rapprochant de leur destination.

Ceux qui, comme les BE-FIVE, passent dans un grand camion-maison, les yeux ouverts, ou parfois endormis. Ils soulèvent la poussière de la route et puis s’en vont. La fumée et l’odeur de gasoil s’évapore, évanescente ou persistante selon les fournisseurs de carburant.
Le grondement du moteur fond très lentement, car il persiste en écho dans la Vallée des Oiseaux.
S’ils ont fait une halte, ils emportent dans leurs bagages les yeux du voyageur immobile. Et parfois aussi son coeur.

Autres rencontres, et autres voyageurs : éternellement, les oiseaux.
Il y a les vrais aventuriers : cigognes, bernaches et autres, qui se reposent en se restaurant dans la prairie du berger ou dans celles qui bordent la rivière.
Les téméraires : ceux que tente le climat FABULEUX de la Belgique. Mais pour une ou deux saisons seulement, on n’est jamais trop prudent: hirondelles, grives, coucous…
Et ceux qui préfèrent la même aventure que moi : mésanges, merles, moineaux, hibou, etc, qui bivouaquent simplement au jardin.

Les voyageurs récurrents avec leurs ambiances typées : tracteurs ; autos ; motos; cyclistes en cris et bruits de chaîne qui tournent avec fureur ou souplesse ; joyeux piétons parfois prêts à un bout de causette lorsque je les rencontre sur la pelouse de devant.

Et puis tous ces autres, qui amènent un peu de magie : ceux qui volent, roucoulent, pépient, bourdonnent, caquettent, aboient, meuglent, bêlent, miaulent…
Ceux-là, pour les comprendre, il faut le dictionnaire du coeur.

J’imagine que les BE-FIVE auront aussi à l’utiliser, lorsque les ressources linguistiques auront atteint la limite de l’impossible à formuler.
Il leur restera alors cela: le dictionnaire du coeur. Et de l’intelligence.
Dont le lexique est : gestes, regards, et jeu de doigts, de bras, ponctués de modulations borborygmiques. Bref, le langage universel du non-verbal.

Je pense d’ailleurs que l’un d’entre-eux a déjà potassé cette matière !

♥♥♥♥♥
A bientôt pour l’étape suivante.

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